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Dis-moi quel manga tu aimes, je te dirais qui tu es
Publié le 04/04/2008 à 15:59:08 GMT

Pourquoi préfèrent-il "Naruto"? Pourquoi sont-ils moins réceptifs à "One Piece"? Les éditeurs de mangas japonais et producteurs de séries animées sont confrontés à des étrangers fans de la "pop culture" japonaise plus différents qu'il n'y paraît de leurs homologues nippons."On pourrait croire que les mangas et dessins animés qui font un malheur au Japon ont toutes chances de rencontrer aussi un public massif à l'étranger", indique Chistopher Macdonald, rédacteur en chef d'un site d'informations sur l'animation japonaise, animenewsnetwork.com.Mais enchaîne-t-il immédiatement, il existe des exceptions."Le dessin animé +One Piece+ qui fait un carton sur l'Archipel est presque un flop aux Etats-Unis. Inversement, Naruto est plus populaire en Amérique qu'au Japon", précise-t-il."Il faut distinguer deux types de popularité", nuance Sean Chiochankitmun, président de l'organisation à but non lucratif Otakorp, organisatrice de rassemblements de fans de mangas et animation japonais aux Etats-Unis."Il y a une popularité commerciale, celle que l'on mesure en chiffres en fonction des ventes d'un manga ou de DVD, et puis il y a une popularité affective, différente, qui ne se traduit pas forcément en argent mais se voit dans le bruit fait autour d'un manga ou d'un dessin animé sur internet", détaille ce mordu de la "pop culture" nippone."Détective Conan ne génère par exemple pas un business énorme aux Etats-Unis mais n'en est pas moins un des personnages de manga les plus connus et appréciés", cite-il en exemple.Dans ce contexte, les créateurs et producteurs japonais ont un peu de mal à concilier les attentes de leur public national et à s'octroyer simultanément les faveurs du nombre croissant d'adeptes des mangas et d'animation, en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, régions entre lesquelles existent en outre des différences culturelles.Bien que les férus de ces créations nippones se recrutent par millions, la plupart des spécialistes considèrent qu'il ne s'agit pas d'un phénomène de masse, mais plutôt d'une accumulation de niches de publics parfois obnubilés par un genre de manga ou le héros d'une animation."Quelque 70 épisodes de séries animées sont produits chaque semaine pour les TV japonaises, mais seulement les plus fortes d'entre elles sont des succès en Europe", précise un dirigeant des studios Toei animation, Hidenori Oyama."Si les éditeurs et producteurs étrangers n'entrevoient pas les profits qu'ils peuvent tirer d'une adaptation dans leur pays, il ne se lancent pas", ajoute-t-il.Or, c'est peut-être dans cette approche hyper-commerciale que le bât blesse, le secteur sciant inconsciemment la branche sur laquelle il est assis, selon les connaisseurs.En effet, les inconditionnels étrangers des mangas et "animé" nippons, au courant de toutes les nouveautés qui sortent au Japon grâce à internet, refusent d'attendre des mois avant que les séries soient diffusées à l'étranger en bonne et due forme. Ils les piratent, les traduisent et les proposent gratuitement à leurs pairs."En 12 ou 24 heures, un épisode diffusé à la TV nippone est sur le Net", assure Sean Chiochankitmun.Ce phénomène dit du "fansub" (sous-titrage par des fans) sabote les ventes de DVD."Pour les fans, il n'y a pas de différence entre regarder une série sur un écran de PC ou à la TV, donc, même s'ils adorent une série, il n'achèteront pas le DVD ensuite", souligne M. Macdonald."En revanche, les fans de mangas qui peuvent aussi lire des planches en ligne achètent quand même les livres ensuite, car la sensation est différente. Ils veulent posséder la collection à aligner joliment sur une étagère", renchérit Ed Chavez, rédacteur en chef du site mangacast.net.Ce dernier déplore cependant que, contrairement aux fans Japonais de mangas, les étrangers accros à cette forme de narration ne s'intéressent absolument pas au travail des "mangaka" (auteurs).

Source: AFP
 
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