
L'ONU a pressé lundi les autorités birmanes d'agir vite, dix jours après le cyclone Nargis, pour éviter davantage de morts, et de faciliter une aide internationale que le régime veut toujours contrôler, alors qu'un premier avion américain a atterri à Rangoun."Si nous n'agissons pas maintenant et rapidement, davantage de vies seront perdues", a prévenu Catherine Bragg, directrice adjointe du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).Des responsables onusiens à Bangkok ont précisé qu'une cinquantaine d'humanitaires étrangers travaillant pour des agences des Nations unies et diverses ONG attendaient toujours l'autorisation d'entrer en Birmanie. "En fait, très peu de visas ont été accordés", a dit Mme Bragg. Le rythme d'arrivée des secours étrangers s'est légèrement accéléré depuis dimanche, mais reste bien en deçà des besoins gigantesques de survivants désespérés après l'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire récente.Le bilan officiel provisoire s'établit à 28.458 morts et à 33.416 disparus. Des diplomates parlent d'estimations supérieures à 100.000 tués.L'ONU et des organisations humanitaires ont plusieurs fois averti que le bilan allait s'alourdir si l'on ne portait pas secours immédiatement aux quelque deux millions de sinistrés, dont seulement 500.000 auraient reçu, pour l'instant, une assistance. Car les volumes d'aide sont loin d'être suffisants, prévient l'ONU, et des équipes étrangères continuent de faire face à des difficultés logistiques et administratives, en particulier pour obtenir des visas..D'après l'ONU à Bangkok, les opérations de secours représentent seulement 10% des besoins en eau potable, vivres et matériels. Reste qu'un premier avion militaire américain a atterri lundi à Rangoun, à la suite de plusieurs autres appareils affrétés notamment par la Croix-Rouge et Médecins Sans Frontières. L'appareil C-130 de l'US Air Force, qui avait décollé de la base militaire d'Utapao (est de la Thaïlande), a, à son bord, plus de 12 tonnes d'équipements, notamment des unités de traitement de l'eau, des moustiquaires et des couvertures.C'est le premier avion américain à être autorisé à se rendre en Birmanie depuis le passage du cyclone Nargis il y a dix jours. La junte birmane est l'une des bêtes noires des Etats-Unis et la présence de cet avion à Rangoun constitue en soi un événement."Soyons optimistes et espérons que ce C-130 sera le premier d'une longue série. Le monde a beaucoup à offrir (aux Birmans). Nous offrons notre assistance sans condition", a proclamé l'ambassadeur des Etats-Unis en Thaïlande, Eric John.Mais "nous ne devons pas juger de la réussite de ces opérations uniquement par le nombre d'avions qui arrivent" en Birmanie, a averti un porte-parole de l'ONU à Bangkok, Richard Horsey. D'autant que des régions du sud-ouest sont encore coupées du monde, a admis la junte, qui veut contrôler la distribution de l'aide internationale. Ce régime militaire, réputé paranoïaque et obsédé par la défense de sa souveraineté, reste extrêmement réticent à ce que les opérations de secours soient dirigées par des étrangers.Ainsi, le ministre de la Planification nationale et du Développement économique, Soe Tha, a remercié les Nations unies et tous les pays pour les nombreux dons, mais a réaffirmé que les Birmans garderaient la haute main sur l'acheminement de l'aide. "La distribution des secours peut être gérée par des organisations locales", a-t-il souligné.Par ailleurs, un bateau de la marine française chargé de 1.500 tonnes de secours doit partir de Madras (sud de l'Inde) en milieu de semaine pour la Birmanie.
Source: AFP
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