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BREST - Pour la deuxième année consécutive, le Tour de France va se disputer sans le tenant du titre. Plus que jamais, l'épreuve reine des courses à étapes qui débute samedi a besoin d'un scénario propre à la suite des scandales de dopage qui l'ont mise à genoux.
Prédire que le Tour va se relever est aussi difficile que d'annoncer le favori, en l'absence du vainqueur 2007 Alberto Contador, du grimpeur Michael Rasmussen et de l'ancien prodige Ivan Basso.
Les organisateurs de la Grande Boucle espèrent que la vaste opération de nettoyage mise en place évitera un scandale majeur pendant les trois semaines de course (5-27 juillet).
"Il y a un vrai changement de mentalité chez les équipes, les coureurs, pour que le cyclisme retrouve sa crédibilité", a déclaré à l'Associated Press le directeur du Tour, Christian Prudhomme. "Le cyclisme est jugé pendant trois semaines en juillet. J'espère que tout le monde a ça en tête. Sans aucun doute, c'est une année importante pour l'image du cyclisme."
L'Australien Cadel Evans, deuxième l'an passé, et l'Espagnol Alejandro Valverde, vainqueur du Dauphiné Libéré, auront les faveurs des pronostics.
"Sans les favoris des autres années, il y aura de la pression et du stress sur les épaules de ces gars", estime le sprinter australien de 34 ans de l'équipe CSC Stuart O'Grady, qui n'a manqué qu'un seul Tour depuis 1997.
Cette année, le Tour est organisé sous l'égide de la Fédération française de cyclisme et non plus sous celle de l'Union cycliste internationale, en raison d'un conflit entre l'UCI et les organisateurs. C'est donc l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) qui sera chargée des contrôles antidopage.
"C'est une responsabilité importante, et que nous partageons avec les cyclistes eux-mêmes", a déclaré le président de l'AFLD, Pierre Bordry, dans un entretien au journal Le Monde daté de samedi. "Car j'ai le sentiment qu'il y a un renouveau du cyclisme, notamment chez les jeunes coureurs qui ne supportent plus qu'il y ait des dopés et des tricheurs."
"Ça ne veut pas dire pour autant qu'il n'y aura pas de contrôles positifs pendant le Tour de France ou que des dopés ne nous échapperont pas", a-t-il ajouté. "Peut-être que certains préféreraient qu'on ne trouve aucun positif cette année. Mais cela ne nous empêchera pas d'aller au bout de notre logique: être le plus dissuasifs possible dans notre stratégie de contrôles et le plus rigoureux possible dans nos procédures. C'est l'intérêt de tous."
Le Tour est bien loin du calme relatif qui régnait entre 1999 et 2005, des années marquées par la rivalité entre le septuple vainqueur de l'épreuve Lance Armstrong et ses challengers: le vainqueur de l'édition 1997 de la course Jan Ullrich, le champion 1998 Marco Pantani et Basso, deuxième en 2005.
Après la retraite d'Armstrong il y a trois ans, la voie était libre pour l'émergence d'une nouvelle star. Mais c'est le combat contre le dopage qui a pris une place centrale. Ullrich et Basso, démasqués par des enquêtes, sont tombés en disgrâce et le vainqueur du Tour 2006 Floyd Landis, un ancien équipier d'Armstrong, a été déchu de sa couronne après un contrôle positif à la testostérone.
L'an dernier, Rasmussen a été éjecté de la course alors qu'il était en tête du général. Le Danois avait menti à l'UCI sur l'endroit où il se trouvait avant la course et avait manqué des contrôles antidopage prévus avant l'épreuve.
L'erreur de Contador a été de rejoindre une équipe, Astana, que les organisateurs ont banni cette année à cause de problèmes survenus en 2006 et 2007.
"Il y a eu des problèmes récurrents avec l'équipe Astana", a déclaré Prudhomme. "Ce n'est pas lui qui est en question."
Cette année, Contador a remporté le Tour d'Italie. Il espère désormais remporter le Tour d'Espagne et triompher de nouveau sur les routes de France au cours des prochaines saisons.
"Au début, c'était un gros coup au moral, parce que je pensais au Tour de France en allant me coucher et en me réveillant depuis que je l'ai gagné l'an passé", a expliqué Contador dans un email adressé à l'AP. "Mais j'ai tourné la page. Et à partir de maintenant, je me focaliserai sur le Tour 2009."
La décision des organisateurs de ne pas retenir Astana reflète la politique de tolérance zéro désormais mise en oeuvre. ASO a ainsi décidé de priver de Tour la vedette du sprint Tom Boonen à cause d'un contrôle positif à la cocaïne. Le Belge, champion du monde en 2005, avait conquis le maillot vert de meilleur sprinter après avoir gagné deux étapes sur le Tour 2007.
L'an passé, les tricheurs n'avaient pas été dissuadés et Contador avait gagné la course dans le chaos. Avant l'éviction de Rasmussen par son équipe, le Tour avait en effet déjà été secoué par la découverte des pratiques du Kazakh de l'équipe Astana Alexandre Vinokourov, convaincu de dopage sanguin lors de son succès dans le 13e étape.
Sur la route cette année, avec Valverde et Evans, l'Italien Damiano Cunego et le Russe Denis Menchov auront de bonnes cartes à jouer. Les deux ont déjà remporté le maillot blanc de meilleur jeune.
Le parcours convient bien à Valverde, avec quatre arrivées en altitude, où la différence devrait se faire davantage que dans les contre-la-montre, qui conviennent mieux à Evans.
Huitième en 2005, quatrième en 2006, Evans avait accusé un retard de seulement 23 secondes sur Contador à Paris l'an passé. AP Source: 5-27 juillet
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