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La future "plate-forme de signalement" européenne contre le cybercrime, dont le coup d'envoi a été donné vendredi à Reims, intéresse des Etats hors de l'UE comme le Maroc ou le Sénégal, engagés eux aussi contre une criminalité qui, avec internet, "se moque des frontières".
Avec les nouvelles technologies, "le criminel est aujourd'hui à Paris, demain il sera à Dakar alors qu'hier il était à Bangkok", a résumé à l'AFP Adramé Sarr, officier de police à la division des investigations criminelles de la police judiciaire sénégalaise à Dakar.
Face à cette situation, "quelquefois, nous sommes dans une impasse lors de nos enquêtes", reconnaissait pour sa part Marouane Hejjouji, commissaire à la direction de la police judiciaire marocaine, en poste à Casablanca.
Adramé Sarr a cité le cas de criminels "nigériens qui se sont introduits dans le système bancaire de la BHS, la Banque de l'habitat du Sénégal, et ont pu s'approprier des relevés bancaires qui leur ont servi à obtenir des visas" pour entrer dans des pays extra-africains.
Dans certains cas, plusieurs de ces pays ont adressé des demandes de renseignements aux policiers de Dakar qui, en l'absence de bases de données, se sont trouvés dans l'impossibilité de coopérer avec suffisamment d'efficacité, alors que ces criminels avaient aussi causé "un très important préjudice à la BHS".
Au Maroc aussi, "nous nous trouvons confrontés à des difficultés énormes pour résoudre des affaires liées à la cybercriminalité", note M. Hejjouji.
Avec une "plate-forme de signalement" européenne, "nous aurons un point de contact qui va nous permettre d'avoir des informations et d'avancer", espère-t-il.
Une telle plate-forme permet un point d'entrée unique grâce auquel internautes et fournisseurs d'accès à internet peuvent signaler telle ou telle activité en amont, tandis qu'en aval les services de police peuvent recouper et analyser ces différents éléments afin d'optimiser leurs investigations.
"Aujourd'hui, nous travaillons uniquement sur des plaintes, mais nous allons bientôt nous doter d'une plate-forme nationale", se réjouit le policier Marocain qui pourra ainsi répondre plus facilement aux demandes de renseignements émanant d'autres pays.
De telles réalisations, de même que les coopérations qu'elles facilitent, doivent aboutir à ce que le cybercrime "soit enfin maîtrisé par les policiers".
Source: AFP
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