
"Beaucoup de gens ont demandé à sortir" de l'avion de Spanair qui s'est écrasé mercredi à Madrid entraînant la mort de 154 passagers, en vain, lorsqu'il est revenu au terminal après avoir détecté un problème, avant de repartir pour le décollage fatidique, se souvient une des 18 rescapées."Beaucoup de gens à l'arrière ont demandé à sortir", raconte par téléphone Ligia Palomino depuis sa chambre sa chambre de l'hopital Ramon y Cajal à Madrid où elle est soignée pour une fracture du fémur gauche."Je n'ai pas pu bien entendre", reconnaît-elle, parce qu'elle était assise à l'avant, mais "des bus se sont même approchés". Finalement l'avion est reparti pour son décollage fatidique."Ils ne nous laissent pas sortir, tout est fermé", a ainsi indiqué, selon des informations de presse, Ruben Santana dans son dernier message à sa femme, alors qu'il l'avait prévenue que le vol était en retard en raison d'un problème technique.La compagnie aérienne Spanair a indiqué que ses services avaient examiné l'appareil et avaient isolé le problème sur une prise d'air située sous les fenêtre du cockpit en désactivant son interrupteur, ce qui est conforme aux règles d'utilisation du MD-82."Le commandant a dit qu'il y avait un contre-temps. Il a présenté ses excuses, dit qu'il y avait un voyant allumé et qu'un technicien allait l'examiner", se rappelle Ligia Palomino.L'avion assurant le vol JK 5022 entre Madrid et Las Palmas, dans l'archipel des Canaries, s'est écrasé au décollage et embrasé, les réservoirs étant pleins de kérosène. Il a "décollé, puis a commencé à tanguer, et est tombé", raconte Ligia.Depuis mercredi, l'impatience a crû parmi les familles réunies à Madrid dans l'attente que les dépouilles, dont beaucoup ont été abîmées par les flammes, soient identifiées, et en l'absence, pour l'instant, d'explication des causes de la plus grave catastrophe aérienne espagnole depuis 25 ans. Le directeur des ressources humaines de Spanair a déclaré dans un entretien à El Pais dimanche qu'il n'y avait aucun indice d'erreur humaine.Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a affirmé dimanche l'identification des victimes de l'accident était plus difficile que prévu et pourrait se prolonger au-delà de dimanche. "C'est plus compliqué que nous le pensions initialement", a déclaré le ministre à la sortie d'un hôpital madrilène où il rendait visite à un enfant blessé dans l'accident."Nous devons être sûrs que ce que nous disons aux familles soit la vérité", a ajouté le ministre, qui avait déclaré samedi qu'il espérait que la majorité des victimes seraient identifiées dimanche.L'avion s'étant embrasé après s'être écrasé, beaucoup de corps ont été carbonisés, compliquant les tâches d'identification.Dimanche après midi, un peu plus de 60 corps avaient été identifiés.Sur les 153 personnes tuées mercredi (la 154e victime est morte samedi à l'hôpital des suites de ses blessures), une identification par empreintes digitales n'a été possible que pour une cinquantaine de corps.Pour les autres victimes, les tests ADN s'avèrent nécessaires, et dans certains cas, les prélèvements d'ADN sont compliqués par l'état des dépouilles.Le ministre de la Justice a mobilisé des biologistes spécialisés pour pouvoir le prélever sur 62 corps particulièrement abîmés.Le responsable des services d'identification de la Garde civile est venu dimanche expliquer aux familles pourquoi les autorités tardaient à reconnaître leurs proches.Le MD-82 de la compagnie Spanair qui devait relier Madrid et Las Palmas, dans l'archipel espagnol des Canaries, dans l'océan Atlantique, s'est écrasé au décollage, causant la plus grave catastrophe aérienne en Espagne depuis 25 ans.
Source: AFP
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