
Les dirigeants chypriotes grec et turc se rencontrent vendredi pour décider si les conditions sont réunies pour des négociations de paix directes en vue de réunifier l'île divisée depuis 34 ans."On espère beaucoup que les dirigeants annoncent des négociations directes", a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'ONU Jose Diaz. "Le secrétaire général de l'ONU (Ban Ki-moon) a indiqué de manière claire qu'il souhaitait voir démarrer des négociations directes bientôt", a poursuivi M. Diaz, alors que la communauté internationale espère qu'elle débutent dès septembre.Dans ce contexte, M. Ban a nommé l'ancien ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer au poste de conseiller spécial pour la question de Chypre. Ce dernier devrait être présent dans l'île lors du lancement des négociations directes.Washington comme Londres, en écho à l'ONU, ont multiplié leurs contacts diplomatiques avec le président chypriote Demetris Christofias ainsi qu'avec le dirigeant de la République turque de Chypre du nord (RTCN, autoproclamée), Mehmet Ali Talat, en amont de la rencontre entre les deux hommes vendredi.Et depuis quelques semaines, les mots d'encouragement fusent de toute part, la communauté internationale jugeant le moment propice pour relancer les chances de paix, sérieusement entamées depuis 2004 lors du refus par les Chypriotes-grecs d'un plan de réunification proposé par l'ONU.Le 1er juillet, MM. Christofias et Talat ont accepté de se rencontrer le 25 juillet pour l'examen final des avancées réalisées par des groupes de travail et comités techniques réunissant experts chypriotes grecs et turcs, avant le lancement des négociations.Ils avaient convenu en mars de relancer les discussions sur la réunification de l'île sous les auspices de l'ONU. Ces groupes de travail avaient alors été chargés d'avancer sur les différents dossiers et un accord de principe avait été trouvé sur les questions épineuses de la citoyenneté et de la souveraineté.Si une date finale est fixée vendredi, resteront des détails pratiques à régler, tels que "la fréquence des pourparlers et le lieu où ils se dérouleront", a estimé M. Diaz.L'entente apparente entre MM. Talat et Christofias est perçue comme un facteur crucial pour dépasser les obstacles qui jonchent le chemin vers un accord de paix.Le président chypriote, élu en février, a toutefois mis en garde tous les acteurs du dossier contre toute pression extérieure et les effets contreproductifs que pourrait avoir un accord conclu dans la précipitation.L'euphorie initiale suscitée par un possible accord est en effet retombée à mesure que sont apparus des différends entre les deux parties notamment sur les questions de la propriété, de la souveraineté, du territoire et de la propriété et de la sécurité.Sur ce point, les Chypriotes-grecs sont catégoriques: les négociations directes n'ont une chance de réussir que si des progrès sont accomplis auparavant sur les dossiers débattus par les groupes bicommunautaires. Pour les Chypriotes-turcs au contraire, toute difficulté pourra être surmontée à la table des négociations.Un échec des négociations chypriotes mettrait par ailleurs à mal les ambitions turques de rejoindre l'Union européenne. Ankara occupe depuis 1974 près d'un tiers de l'île, après un coup d'Etat à Nicosie de nationalistes chypriotes-grecs soutenus par Athènes.
Source: AFP
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