
Des dizaines de milliers de musulmans ont manifesté lundi dans la partie indienne du Cachemire pour exiger des Nations unies le droit à l'autodétermination pour ce territoire divisé depuis 60 ans entre l'Inde et le Pakistan.Vingt-deux musulmans ont été tués et des centaines de personnes blessées la semaine dernière dans des violences des forces de l'ordre indiennes. C'est l'une des plus graves crises dans l'Etat du Jammu-et-Cachemire depuis le début en 1989 d'une insurrection séparatiste, récupérée par des islamistes, contre la présence indienne.A Srinagar, la capitale d'été du Cachemire indien, la sécurité a été renforcée autour du bâtiment de l'ONU, qui surveille le cessez-le-feu entre l'Inde et le Pakistan le long de la Ligne de Contrôle (LoC) tracée en 1949, frontière de facto entre les Cachemire indien et pakistanais."Je n'avais jamais vu un tel rassemblement à Srinagar", a déclaré Abdul Aziz, un commerçant de 75 ans. "Je suis venu exiger que l'Inde (nous) rende la liberté", a-t-il lancé en marchant vers les bureaux des Nations unies, portant une banderole proclamant: "Si le Kosovo est libre, pourquoi pas le Cachemire?".D'autres juraient de "donner leur sang pour la liberté du Cachemire".Un Cachemiri séparatiste, Shabir Shah, a dit avoir remis aux Nations unies une demande d'intervention après les violences policières. Un autre a pressé l'ONU de "nous aider à obtenir le droit à l'autodétermination".Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité réclament la tenue d'un référendum dans les deux Cachemire pour que la population majoritairement musulmane choisisse entre la souveraineté de l'Inde et celle du Pakistan. Mais ces textes n'ont jamais été mis en oeuvre.Depuis 1947, le Cachemire reste l'abcès de fixation entre New Delhi et Islamabad et a provoqué deux des trois guerres entre les puissances nucléaires militaires. Elles ont conclu en novembre 2003 un cessez-le-feu le long de la LoC et rouvert en janvier 2004 leur dialogue de paix.Les derniers troubles ont éclaté en juin après une décision de l'Inde, finalement annulée, d'allouer des terrains à des pèlerins hindous, déclenchant la colère de musulmans.
Source: AFP
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