
Le président George W. Bush a dit mercredi à son homologue irakien Jalal Talabani sa volonté de trouver avec son pays un accord qui lui convienne sur la présence américaine à long terme en Irak."Nous avons parlé d'un accord cadre stratégique qui convienne au gouvernement irakien", a dit M. Bush à l'issue d'entretiens avec M. Talabani à la Maison Blanche, à un moment où les négociations suscitent dans la classe politique irakienne de fortes inquiétudes que l'Amérique ne dicte ses termes.M. Talabani a affirmé la volonté irakienne de coopérer avec l'administration, "et nous poursuivons (...) nos efforts pour parvenir très rapidement, inchallah, à cet accord", a-t-il dit.Cet allié sûr des Américains, qui a présenté M. Bush comme "celui qui a libéré l'Irak de la pire forme de dictature" et comme un "grand ami des Irakiens", a fait état de progrès dans les tractations, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki affirmait récemment qu'elles étaient dans une "impasse".Les gouvernements de Washington et de Bagdad négocient actuellement les termes du maintien des soldats américains.Le mandat de l'ONU qui règle leur présence expire fin 2008, et le gouvernement irakien a décidé de ne pas demander son renouvellement. L'Irak et les Etats-Unis se sont fixé fin juillet comme date pour parvenir à un accord.Mais la parution dans la presse de ce que seraient certaines demandes américaines a suscité dans le monde politique irakien une controverse encore exacerbée par la perspective d'élections à l'automne.Le Premier ministre irakien est soumis à la pression croissante des courants chiites souvent rivaux pour qu'il limite l'emprise américaine.Cependant, selon le ministre des Affaires étrangères irakien Hoshyar Zebari, les Américains ont fait des concessions.Ils auraient abandonné leur demande d'immunité pour les sous-traitants américains vis-à-vis de la justice irakienne, question encore plus sensible depuis la mort de 17 civils en septembre 2007 à Bagdad dans une fusillade impliquant des agents d'un groupe privé américain, a-t-il dit.Ils auraient accepté la création d'un centre opérationnel irako-américain censé donner aux Irakiens de la visibilité sur les futures opérations militaires américaines, a-t-il dit également, précisant que de son côté, le gouvernement irakien avait accepté que les Américains aient un contrôle continu de l'espace aérien.Cependant, Bagdad et Washington resteraient en désaccord sur le nombre de bases dont disposeraient les Américains à long terme. Les Etats-Unis en voudraient une cinquantaine.Ils ne s'entendraient pas non plus sur l'immunité des soldats américains, sur la possibilité pour les Américains de continuer à arrêter et détenir des Irakiens, et sur la conduite des opérations de sécurité.Cependant, M. Bush a assuré la semaine passée au Premier ministre irakien qu'il veillerait à ce qu'un futur accord respecte pleinement la souveraineté irakienne.Alors que l'Irak passera à la postérité comme la grande affaire de sa présidence, M. Bush peut difficilement se permettre un échec dans les négociations. Il le peut d'autant moins, en pleine campagne présidentielle, que l'état dans lequel son successeur reprendra le dossier est l'un des enjeux de ses sept derniers mois à la Maison Blanche.MM. Bush et Talabani ont salué les progrès accomplis en Irak contre la violence et dans les domaines politique et économique, même si, selon M. Bush, "il y a encore beaucoup à faire"."Une grande partie de l'Irak est stable, sûre et libérée du danger du terrorisme et des milices", a dit M. Talabani.Cette rencontre n'était pas inscrite au programme public de M. Bush jusqu'à mardi soir, mais les deux dirigeants ont voulu profiter de la présence de M. Talabani aux Etats-Unis, où il était venu se faire opérer du genou, selon la Maison Blanche.
Source: AFP
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