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Bush retourne au Proche-Orient pour un anniversaire sous de sombres auspices
Publié le 14/05/2008 à 02:00:11 GMT

Le président américain George W. Bush pouvait difficilement envisager des circonstances plus défavorables pour se rendre cette semaine au Proche-Orient, où, malgré un scepticisme grandissant, il dit encore espérer un accord de paix israélo-palestinien.Quelques jours avant son arrivée en Israël mercredi, le Hezbollah libanais, organisation radicale anti-israélienne soutenue par l'Iran et la Syrie, les deux bêtes noires des Etats-Unis, a démontré sa force en prenant le contrôle d'une grande partie de Beyrouth, faisant craindre une nouvelle guerre civile.Et quand M. Bush rencontrera le Premier ministre israélien Ehud Olmert, il aura affaire à un homme officiellement soupçonné depuis peu de corruption, et soumis à la pression pour démissionner.Quant au prix du pétrole, il continue de battre des records.Ainsi la Maison Blanche a veillé à ne pas susciter de fortes attentes avant le voyage, le deuxième en quatre mois pour un homme qui, jusqu'à janvier, n'avait pas mis les pieds en Israël ni dans les Territoires palestiniens en sept ans.Elle a souligné que M. Bush se rendait dans la région autant pour participer à la célébration du 60e anniversaire d'Israël que pour favoriser un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.M. Bush a d'ailleurs assuré qu'il croyait toujours qu'un accord israélo-palestinien pouvait être conclu avant la fin de l'année, dans une interview publiée mardi en Israël."Je le crois, oui", a dit M. Bush au quotidien Haaretz qui l'interrogeait pour savoir si un accord de paix pouvait être scellé en 2008 en dépit des démêlés du Premier ministre israélien Ehud Olmert avec la justice et la faiblesse du président palestinien Mahmoud Abbas.Avec la mise en cause de M. Olmert, le gouvernement américain, qui insistait jusqu'alors sur la personnalité de M. Olmert et de son interlocuteur palestinien Mahmoud Abbas pour affirmer les chances de la paix, dit à présent prudemment que les négociations sont l'affaire des gouvernements.M. Olmert en a vu d'autres. Mais ses ennuis augurent mal de sa faculté à imposer aux Israéliens les concessions nécessaires à un accord avec les Palestiniens, alors que les négociations de paix piétinent.MM. Olmert et Abbas se sont engagés sous les auspices de M. Bush en novembre à rechercher d'ici à fin 2008 un accord menant à terme à la création d'un Etat palestinien.Le scepticisme qui a accueilli la promesse de résoudre en quelques mois un conflit aussi vieux qu'Israël n'a fait que se renforcer depuis.Tandis que M. Bush dit avoir toujours espoir en un accord, le négociateur palestinien Yasser Abed Rabbo évoque le "fossé énorme" entre les parties.M. Bush, qui s'était rendu en Cisjordanie en janvier, n'a pas de visite annoncée dans les Territoires cette fois. Il n'a pas non plus prévu de réunir MM. Abbas et Olmert. C'est en Egypte qu'il rencontrera M. Abbas le 17 mai. Il doit aussi y voir le Premier ministre libanais Fouad Siniora.Critiqué pour s'être détourné pendant longtemps de la question israélo-palestinienne pour faire la guerre en Irak, M. Bush risque de susciter de forts ressentiments en dédiant l'essentiel de son voyage à Israël, où il prononcera son premier discours devant la Knesset.Pour les Palestiniens, les 60 ans d'Israël, c'est l'anniversaire de ce qu'ils appellent la "catastrophe".Ainsi, dit l'expert Jon Alterman, "il est difficile de se rappeler un moment aussi peu propice que celui-ci pour rechercher un accord de paix arabo-israélien".Les experts invoquent tout un contexte régional défavorable. Il y a la crise libanaise, mais aussi les incertitudes irakiennes, la montée en puissance de l'Iran, le défi syrien.M. Bush mesurera l'étendue de l'influence américaine quand il se rendra le 16 mai en Arabie Saoudite, le grand allié qu'il voudrait voir jouer un rôle de premier plan dans la réconciliation arabo-israélienne ou dans la stabilisation de l'Irak.M. Bush a l'intention de soulever à nouveau, comme en janvier, la question de la flambée des prix du pétrole avec le roi Abdallah. Fortes relations ou pas, la puissance pétrolière est restée sourde aux appels de M. Bush à intervenir pour une augmentation de la production de l'Opep.

Source: AFP
 
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