
Le régime militaire birman a affirmé jeudi que son projet de Constitution avait été approuvé par 92,4% des électeurs lors du référendum organisé le 10 mai dans la plupart des régions du pays, à l'exception des zones directement touchées par le cyclone Nargis.La chaîne de télévision MRTV, contrôlée par les généraux au pouvoir, a assuré que la participation avait dépassé 99% dans les régions où le scrutin a pu se dérouler.Un vote est encore prévu le 24 mai dans les régions de Rangoun et de l'Irrawaddy (sud) où l'ONU estime que deux millions de personnes ont besoin d'assistance après le passage du cyclone qui a fait plus de 66.000 morts et disparus les 2 et 3 mai dernier, selon un bilan officiel provisoire.La formation politique de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, qui s'était prononcée contre le projet de Constitution, avait dénoncé la décision du régime de maintenir le scrutin, en dépit de la gravité de la crise humanitaire."Nous annonçons les résultats du référendum où 92,4% des électeurs ont voté +oui+", a affirmé la chaîne MRTV en citant une déclaration du magistrat Aung Toe, président de la Commission chargée d'organiser le scrutin."La participation a été de 99,07%", a ajouté MRTV.L'armée est au pouvoir depuis 1962 en Birmanie. La précédente Constitution avait été approuvée à 98% lors d'un référendum en 1973 qui avait été "truqué", selon des opposants.Mme Suu Kyi, 62 ans, lauréate du Prix Nobel de la Paix, est assignée à résidence depuis 2003. Au total, elle a été privée de liberté pendant la majeure partie des 18 dernières années.L'annonce de résultats partiels au référendum, avant la tenue du scrutin dans d'autres régions le 24 mai, est intervenue alors que la communauté internationale s'inquiète vivement de la situation humanitaire dans le sud de la Birmanie.Bien que des avions transportant des secours arrivent en plus grand nombre, le régime continue de limiter sévèrement le déploiement de travailleurs humanitaires étrangers dans les zones les plus affectées du delta de l'Irrawaddy.La catastrophe a fait quelque deux millions de sinistrés mais la junte dit vouloir contrôler la distribution de l'aide internationale, ce qui ralentit les opérations de secours et limite le nombre de personnes recevant effectivement des vivres.Mercredi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé vouloir envoyer en Birmanie son responsable des affaires humanitaires, John Holmes, alors que la junte restreint toujours l'accès de l'aide étrangère aux zones dévastées par le cyclone Nargis.Douze jours après la catastrophe de Nargis, une bonne partie des deux millions de survivants manquent de tout et Ban Ki-moon a organisé une réunion mercredi avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et les pays de l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean), dont la Birmanie est membre. La Birmanie, dirigée par des juntes militaires depuis 1962, est sous très forte pression internationale pour faciliter l'acheminement de l'aide étrangère.Le régime des généraux birmans accepte volontiers l'aide matérielle internationale, mais --paranoïaque et obsédé par la défense de sa souveraineté nationale-- refuse l'arrivée d'une aide massive conduite par des étrangers qui resteraient des semaines voire des mois dans ce pays reclus. "La Birmanie ne veut pas d'experts étrangers", a déclaré le Premier ministre thaïlandais Samak Sundaravej après un entretien à Rangoun avec son homologue Thein Sein.Selon lui, la junte considèrera "au cas par cas" les demandes de visas déposées par les travailleurs humanitaires. Selon l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Asean, Scot Marciel, la junte aurait accordé des visas à des experts étrangers de pays de l'Asean, comme la Chine, l'Inde, le Bengladesh et la Thaïlande.
Source: AFP
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