
La bataille est déjà intense pour la présidence de la région Ile-de-France, gérée depuis 1998 par une majorité de gauche, alors que les élections régionales ne sont prévues qu'en 2010.A droite, le retrait du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo n'a pas calmé le jeu entre les deux postulants UMP, Roger Karoutchi et Valérie Pécresse, qu'une primaire est censée départager entre janvier et mars.Les deux ministres tiennent en moyenne un meeting quotidien, comme si l'élection avait lieu demain."C'est une grave erreur que d'être déjà en campagne aussi active, cette campagne-là devrait être celle du mois de février, le risque pour eux c'est qu'on impose un troisième homme", confie à l'AFP un responsable UMP.Pour lui, "la primaire est un bon système démocratique, mais on n'en a pas gommé les défauts: ils font des réunions tous les jours, alors que l'élection des militants est au mieux au mois de mars".Selon ce responsable, la "mécanique infernale est enclenchée": "à partir du moment où vous faites des meetings, il faut vous distinguer de l'autre, et on est à nouveau sur les petites phrases, les coups bas".Exemple: une brève dans le Canard Enchaîné indiquant que Mme Pécresse, également conseillère régionale, n'avait pas mis les pieds dans l'hémicycle du conseil depuis décembre 2006.Interpellée par un partisan de M. Karoutchi, l'intéressée a répondu qu'elle se consacrait à plein temps à ses fonctions ministérielles (recherche et université) et se déplaçait souvent à l'étranger.De leur côté, les partisans de la ministre font valoir que le programme prôné par M. Karoutchi pour la région et qu'il qualifie de "révolutionnaire" "est le même depuis 10 ans".Mme Pécresse commence à décliner les "grands axes" du sien.Des deux côtés, on affiche ses soutiens. Le plus recherché est celui de Jean Sarkozy, fils du président de la République, aperçu avec l'un et avec l'autre.Pendant ce temps, le président du conseil régional Jean-Paul Huchon (PS), continue à gérer la région.Il vient de lancer une vaste campagne de communication pour "illustrer le rôle et l'implication de la région en matière de transports" et mettant l'accent sur le grand projet de rocade ferroviaire autour de Paris Métrophérique-Arc Express.Vendredi, le conseil régional adoptera un schéma directeur (SDRIF) qui engage l'avenir du bassin parisien jusqu'en 2030.Contesté par le secrétaire d'Etat Christian Blanc pour des hypothèses économiques qu'il juge trop faibles, ce texte est combattu aussi par M. Karoutchi, mais pas de la même manière.Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement appellera à voter contre, mais présentera des amendements à un texte en "amélioration".Viendront ensuite des échéances judiciaires et politiques, qui pèseront à gauche.M. Huchon, qui est apprécié par sa majorité PS-PRG-MRC-PCF-Verts, sera jugé en appel du 8 au 10 octobre, après avoir été condamné en 2007 à six mois de prison avec sursis, 60.000 euros d'amende et un an d'inéligibilité pour prises illégales d'intérêts.Le congrès du PS à la mi-novembre pourrait également être déterminant pour le rapport des forces au sein du groupe socialiste, présidé aujourd'hui par Jean-Paul Planchou.C'est alors seulement que l'on saura si M. Huchon est en mesure d'aller jusqu'au bout de son mandat et d'en briguer un troisième.
Source: AFP
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