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PEKIN - Le Nid d'oiseau a recueilli, mardi soir, la dévotion du Bahreïnien Rashid Ramzi qui a embrassé, à genoux, la piste après son succès au 1500 m des Jeux de Pékin, point d'orgue d'une session riche en larmes.
"Ce n'est pas l'argent mais la gloire qui me motive", avait expliqué Ramzi, vendredi, à l'issue de sa série remportée en 3 min 32 sec 89, comme s'il en allait d'une médaille d'or.
Ramzi avait voulu surtout montrer sa force. Mardi, le double champion du monde 2005 (800/1500 m) a conquis l'olympe en 3 min 32 sec 94, à l'issue d'un sprint long, et 300 derniers mètres parcourus en 39 secondes qui lui ont permis de résister au retour du junior kényan Asbel Kiprop.
Avec cet or olympique, le premier dans l'histoire du Bahreïn, Ramzi, 28 ans, a soldé l'épisode de son départ en 2002 du Maroc, forcément douloureux. Il avait alors estimé que son pays natal l'ignorait, tout à la dévotion d'Hicham El Guerrouj, auquel, par une ironie de l'histoire, il a succédé. Il s'était engagé garde au palais du sultan comme gage d'une nouvelle carrière.
Les larmes furent américaines, celles de Sanya Richards d'abord, qui n'a pu assumer son rôle de grande favorite sur le tour de piste. Richards, qui voyait dans l'or de Pékin "une rédemption" après sa non qualification dans l'épreuve individuelle aux Mondiaux d'Osaka, a été reprise tout à la fin par le flux de la Britannique Christine Ohuruogu et de la Jamaïcaine Shericka Williams.
Ohuruogu, 24 ans, a ainsi pris sa revanche sur tous ceux qui avaient attribué sa victoire d'Osaka à l'absence de la Prima Donna. Revanche aussi sur le comité olympique britannique qui voulait l'exclure à vie après Osaka, parce qu'elle avait été suspendu un an pour avoir manqué trois contrôles antidopage inopinés en 2005 et 2006.
Et puis il y eut, plus poignant car plus injuste, les larmes qui n'arrivaient pas à monter aux beaux yeux de Lolo Jones tant la hurdleuse était incrédule, se tenant la tête dans ses mains.
Jones avait course gagnée quand elle a heurté la 9e et avant-dernière haie. Déséquilibrée, elle a terminé septième, ouvrant le chemin de la gloire à sa compatriote Dawn Harper.
"C'est difficile ce soir. Ce sera pire demain. Je suis tellement triste. J'avais l'impression d'être au volant d'une voiture et d'en avoir perdu le contrôle", a soupiré Jones, maudite.
Pour deux Américaines qui pleuraient, il y avait un Russe qui riait. Champion d'Europe 2006 en hauteur, Andrei Silnov n'avait pas été retenu initialement dans l'équipe russe, seulement 4e des Championnats nationaux à Kazan. Mais le grand blond de la région de Rostov avait été repêché deux semaines plus tard par un vote du directoire du Comité olympique russe.
C'est que, entre temps, il avait franchi 2,38 m, meilleure performance mondiale (MPM) de la saison, le 25 juillet à Londres.
"C'est un grand moment dans ma vie et je veux dire ce soir +merci les Jeux+; Je me suis préparé durement. Cela aurait été dommage d'être privé de Jeux", a souri Silnov.
Neuf sauts sans la moindre erreur, jusqu'à 2,36 m, ont été suffisants pour son escalade vers l'or.
La suprématie du disque est resté du domaine des républiques baltes. L'Estonien Gerd Kanter, confirmant sa prise de pouvoir aux Mondiaux 2007, a succédé au double champion olympique Virgilijus Alekna, légende vivante de la voisine Lituanie. Alekna s'est consolé avec la médaille de bronze.
Désormais regardé comme l'oiseau rare, le Jamaïcain Usain Bolt, déjà roi du 100 m avec record du monde en prime (9.69), a couru comme à la parade sa demi-finale du 200 m.
"En finale, j'ai très envie de courir vite encore. Aujourd'hui, il était seulement question de passer ce tour et de faire en sorte d'être en bonne position. J'ai regardé sur le tableau où en étaient les autres et contrôlé la course. Non ce n'était pas un jogging", a expliqué Bolt.Mais ça y ressemblait fort. Source: AFP
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