
A l'approche des conventions démocrate et républicaine, la longue campagne présidentielle américaine est entrée dans sa dernière ligne droite et tous les coups ou presque sont désormais permis comme l'a démontré lundi le candidat républicain John McCain en tirant à boulets rouges sur son adversaire démocrate Barack Obama.S'exprimant à Orlando (Floride, sud-est) devant le congrès des anciens combattants ayant servi sur les terrains d'opérations à l'étranger (VFW), le candidat républicain a dénoncé la versatilité et le manque de jugement de M. Obama sur les questions de sécurité nationale.Dimanche, au cours d'une réunion électorale dans le Nevada (ouest), le candidat démocrate a raillé l'insistance avec laquelle M. McCain réclame des forages pétroliers en mer, estimant qu'il s'agissait d'une position opportuniste motivée, non pour des raisons économiques, mais par le fait que les sondages montrent que l'opinion publique y est largement favorable.La trêve entre les deux candidats a été de courte durée. Samedi soir, pour la première fois depuis qu'ils sont quasi officiellement les deux candidats de leur parti respectif, MM. McCain et Obama s'étaient retrouvés sur une même scène à l'occasion d'un forum religieux. Les deux candidats s'étaient donnés une accolade et M. Obama avait qualifié son adversaire républicain de "véritable patriote américain".Lundi, le "patriote américain" a accusé son adversaire démocrate de manquer de jugement. "Bien que la victoire en Irak soit finalement en vue, beaucoup de choses dépendent des décisions et de la qualité de jugement du prochain président", a dit M. McCain au congrès des VFW.Le candidat républicain a estimé que son adversaire démocrate sacrifiait son jugement à son "ambition présidentielle". Pourtant, a-t-il insisté, "en matière de sécurité nationale, faire preuve d'un bon jugement sera une des qualités essentielles qu'on devra attendre du prochain président"."Les gains durement acquis par nos soldats sont en jeu. L'avantage à long terme d'avoir un allié pacifique et démocratique au coeur du Moyen Orient peut encore être dilapidé par un retrait hâtif et un calendrier arbitraire", a ajouté le candidat républicain faisant clairement référence au projet de M. Obama de retirer les soldats américains d'Irak dans un délai de 16 mois.John McCain "est prêt à dépenser 10 milliards de dollars par mois pour une guerre sans fin", a rétorqué un porte-parole de M. Obama, Bill Burton.Agé de 71 ans, M. McCain qui ne manque jamais d'insister sur son expérience personnelle concernant les questions de défense et de sécurité nationale, a servi dans l'US Navy de 1958 à 1980 et combattu au Vietnam où il a été prisonnier durant cinq ans et demi.M. McCain a estimé que, contrairement à son adversaire, il avait fait preuve d'une grande qualité de jugement en condamnant fermement "l'agression" russe contre la Géorgie. Les anciennes nations "captives" de l'Union soviétique "devraient pouvoir compter sur le soutien et la solidarité du monde libre", a-t-il dit. "Si je suis élu président ces nations bénéficieront de ce soutien", a-t-il insisté.Le jour même où la Géorgie a lancé une opération militaire pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, M. McCain a pris fait et cause pour Tbilissi dénonçant les visées "impériales" de la Russie. Avant de fermement condamner à son tour l'agression russe, M. Obama -alors en vacances à Hawaï- avait d'abord appelé les deux parties à la retenue.M. McCain s'est fait le champion de la cause géorgienne plaidant pour l'exclusion de la Russie du G8 et pour lui fermer la porte de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).Dimanche, dans une enquête consacrée au candidat républicain, le New York Times a dépeint un John McCain volontiers belliqueux, rappelant qu'au lendemain des attaques du 11-Septembre, le sénateur de l'Arizona souhaitait des représailles contre Al-Qaïda et l'Afghanistan des talibans mais aussi contre l'Irak, l'Iran et la Syrie.
Source: AFP
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